Smart guys.

Smart guys.
Golfe Juan. Une villa chic. Une start up de Palo Alto, SF, Ca. qui réflechit. Le board des senior advisers.
Et aussi quelques malins.
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# Posté le lundi 14 juillet 2008 06:24

Mystery train, 2.

Mystery train, 2.
Le tgv. Encore. Avec ces voyageurs étranges de la première, l'étage du haut en duplex, et dont je suis certain qu'ils étaient déjà là la semaine dernière pour Montélimar. Les mêmes. Ces figures anonymes et étrangement familières que je crois reconnaître dans la file du taxi ou dans le métro.

Les vrais inconnus n'existent pas, car ils sont semblables à chaque fois, ils assument le rôle de la foule. Des figurants qui en deviennent presque attachants. Comme une sorte de cour qui m'accompagne partout, mais qui ont le devoir de ne pas me parler. Et qui tentent de me maintenir dans la solitude de l'aristocratie. Des sans visages, ou plutôt des figures d'une hypernormaiité.

Il y a celui qui fait semblant de lire, là, à ma gauche et dont je sais maintenant qu'il lit ces lignes - bonjour, ça va bien? Et le type en bleu là-bas. Lui aussi, une vieille connaissance. Le contrôleur, ideal-typique, il est à lui seul le condensé de tous les autres.

Tous éternellement jeunes, ou plutôt, éternellement figés dans leur âge, c'est l'effet tgv, cette bulle qui fige l'espace. Arrête le climat et me dépossède de mon temps. Un présent qui s'installe dans une durée, se dilate, et se reproduit à l'infini. C'est Victor Hugo le premier qui remarquait la capacité du chemin de fer de son temps de transformer le paysage en bandes horizontales bleues et vertes. Une espèce d'arrogance propre au XIXème siècle industriel.

Pour moi, ce sera différent, la Bourgogne est une abstraction. Je ne sentirai pas l'air tiède du colza. Le Rhône non plus. L'Ardèche, rien. Cette continuité climatisée, cet air pulsé qui m'ôte de la mousse et de l'humus. De même que le décalage horaire en avion produit une grande fatigue à la fin du voyage, par concentration de la fatigue sur un seul point, le tgv comprime le décalage climatique en une seule suée brutale et éphémère en arrivant à Aix en Provence. D'un seul coup toute l'amplitude thermique, le retard de lumière accumulé et qui jaillit sur le quai - éblouissement -, le retour olfactif qui se décompresse en un seul palier et provoque le haut-le-coeur.

On paie toujours un retard, même avec le train.

# Posté le samedi 12 juillet 2008 10:40

Fiche.

Fiche.
Choisir un porcelet. Replet, mais non gras. Lui ôter un roti dans le filet - on pendra soin de lever les flanches façon parisienne, coupant dans le sens de la fibre. Disposer le roti sur une planche de bois épaisse. Le oindre d'une huile d'olive marinée de romarin et de safran. Eviter le sel, cela facherait le bestiau. Le traverser de part en part, dans sa longueur, à laide d'une lame fine d'un couteau français. Dans cette entaille, placer quelques feuilles de laurier. Fraîches, il va sans dire. Un citron pour agacer le dessus, mais sans excès. Puis attendre un instant, à regarder la chair nue. (Boire un peu de Saint-Peray n'est alors pas absurde.)

Préchauffer un four, de préférence à gaz, car, on le sait bien, sa combustion produit de la vapeur d'eau, que l'électricité omet dans son empressement. Thermostat cinq - cent cinquante degrés pour les khagneux.
Par ailleurs, porter du lait à ébullition.

Dans une cocotte en fonte, de type Staub - toute autre gamelle est proscrite - placer quelques aulx. Reboire un peu de Saint-Péray en expliquant l'étymologie du pluriel du mot ail. Un double trait d'huile d'olive - la même - sur la fonte. Un demi oignon en émincé, finement tranché par une lame dont la pointe ne décolle pas de la planche, dans ce geste ancestral du coupé de légume. Un légume s'écoute, le couper est un hommage, un respect. Rester un instant à vérifier les cercles concentriques de l'oignon. Un mot d'esprit sur la structure cosmique de l'oignon passera sur le dos du Saint-Peray.

Quand la font est vive, y dorer le roti, le retournant afin de rosir l'ensemble, recto verso, façon côte d'azur. A feux soutenu, arroser sociologiquement de Saint-Peray, afin de libérer le prétexte de boire le reste - trois fois rien. Décider que ce déjeuner se présente bien. S'en féliciter. Baisser le feux, verser un demi verre d'eau dans la cocotte, le bruit de cuisson cesse aussitôt. Immerger une gouse d'ail entière. Du rose. Couvrir. Oublier l'ensemble. Y revenir. Une demi heure avant la fin, placer quelques rattes, ou petites grenailles de Ré (l'ïle).

Jeter le lait (simple diversion.)

Ebouillanter des pois gourmands, dans une eau non salée. Quatre minutes. Puis, cesser de tergiverser, servir et manger.

# Posté le lundi 07 juillet 2008 18:24

Mystery train.

296 euros Paris-Montelimar aller et retour, en première, dans la journée.
Et je voyage debout dans le bar, la clim ne marche pas. Il n'y a plus de place, je suis en surréservation. Je dois même boire du coca zero qui porte très bien son nom. C'est tout ce qu'il reste. Et que des salarymen à cette heure.

C'est l'antimatière du chic. Je suis furieux. C'est décidé je ne prends plus de train le lundi.

# Posté le lundi 23 juin 2008 16:32

Sacré.

Sacré.
Saint-Jean-de-la-Croix fut longtemps détenu prisonnier dans un réduit où il ne tenait pas debout. Bill Viola lui rend hommage en associant à sa cellule une terrible tempête de montagne ; le grondement est presque incommodant pour les visiteurs, les gens semblent affectés.

Un marquage au sol indique la suite de l'exposition qui traverse un autre écran video de grande taille où se projette un encens fumant. Un rideau de feutre, une lumière vive, la lumière rasante au sixième étage de Beaubourg. je prends une photo.

# Posté le dimanche 22 juin 2008 18:10